On vivrait beaucoup mieux si on payait moins d'impôts.Evidemment, lorsque l'on regarde sa feuille de paie, on préférerait toucher le salaire brut ; lorsque l'on passe à la pompe, on ne peut s'empêcher de penser que l'Etat s'en met plein les poches et, quand viennent les impôts sur le revenu ou les impôts locaux, on se dit au moment de payer que cet argent aurait été mieux utilisé dans des rénovations de la maison ou à s'offrir un peu de « dolce vita » sous les cocotiers. Rares sont les transactions de la vie quotidienne qui échappent à la fiscalité sous une forme ou une autre, encore plus rares sont ceux qui retirent du paiement de leurs impôts et taxes un sentiment de satisfaction, d'équité, de contribution salutaire au bien commun. Pourtant, lorsqu'on adhère à une association, ou lorsqu'on verse un don à une oeuvre humanitaire, n'est-ce pas le même principe ? Certains biens ou certains services, nécessaires à la collectivité et n'ayant pas vocation de « profit » ne peuvent exister qu'en se cotisant. Seulement voilà, si l'on donne avec joie à son association, sa fondation ou son organisme de bienfaisance, le même enthousiasme ne nous habite pas pour le versement de l'impôt. Cela semble être un point commun à toutes les sociétés de par le monde et à travers l'histoire. Peut-être est-ce dû au fait que la première forme d'impôt fut le tribut que les vaincus devaient payer aux vainqueurs par le pillage systématique de leurs richesses et la mise en esclavage de leur peuple, sans oublier en prime un peu d'extermination et de viol... Pas idéal pour créer une image positive.
L'impôt est « vieux comme le monde » : de la dîme de la Bible aux dernières créations fiscales, il est commun à toutes les civilisations. Toutefois, chaque époque est marquée par une évolution spécifique. Sous l'Ancien Régime, par exemple, coexistent trois catégories d'impôts: l'impôt royal, l'impôt seigneurial, l'impôt d'Église et à côté des impôts généraux, figurent un certain nombre d impôts spéciaux, frappant soit des produits particuliers, soit des services, soit des revenus tels que la « dîme », la « taille » et la « gabelle », souvent payés en nature par livraison d'une part de la récolte ou sous forme de travaux. Il est à noter que jusqu'à la révolution française, l'impôt s'inscrit dans une logique de rapport de force et non de participation au bien commun, tel qu'on peut l'entendre aujourd'hui. Le lien social est celui qui unit le faible et le fort dans une pyramide sociale où l'aristocratie toute puissante et trouvant sa légitimé en Dieu a pour vocation de protéger le peuple qui, en retour, lui offre son travail. Qu'il s'agisse de sauver les âmes ou de protéger les corps, la noblesse ne fournit que le « service » de sa protection. Il revient donc au peuple de produire les biens et de payer cette noblesse pour qu'elle puisse tenir son rang divin.Mais lasse des privilèges et des exagérations, la Nation se révolte et écrit les fondements de la nouvelle conscience citoyenne. C'est la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen. Celle-ci stipule entre autres que, « Pour l'entretien de la force publique et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable. Elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés. » Puis, « Nulle contribution ne peut être établie que pour l'utilité générale. Tous les citoyens ont le droit de concourir à l'établissement des contributions, d'en surveiller l'emploi, et de s'en faire rendre compte. »
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