Il faut lutter contre l'inflation pour sauvegarder l'emploi
L'inflation ! A en croire nos gouvernants et les autorités financières, c'est la peste noire le l'économie moderne. Elle est à ce point l'ennemi public n°1, que la seule réelle mission confiée à la Banque Centrale Européenne (BCE) est de lutter contre elle. La BCE s'est d'ailleurs donné la peine de publier un document à l'intention des enseignants, pour les aider à diffuser la bonne parole auprès des étudiants, sous le titre : « Pourquoi la stabilité des prix est-elle importante pour vous ? ». Très pédagogique, clair, bien illustré, ce document reflète parfaitement la position des institutions européennes en la matière. Ainsi confirme-t-il d'entrée que « le traité instituant la communauté européenne assigne clairement à l'Eurosystème, qui comprend la BCE et les banques centrales nationales (BCN) de la zone euro, un objectif principal, à savoir le maintien de la stabilité des prix au sein de la zone euro. Reflet des enseignements tirés des expériences passées, ce choix est en outre étayé par la théorie économique et les travaux empiriques selon lesquels la politique monétaire, en assurant la stabilité des prix, est en mesure de contribuer de manière significative au bien-être général, et notamment à un niveau élevé d'activité économique et d'emploi. »Voilà un aplomb extraordinaire ! Si l'enseignement repose sur ce modèle pédagogique, on peut craindre le pire ! Car vous remarquerez que l'auteur affirme, sans étayer sa position, que ce choix s'appuie et sur « l'expérience » (laquelle ?), et sur « la théorie économique », comme s'il n'y en avait qu'une...
La théorie sur laquelle repose ce texte est celle qui a pris forme au début des années 1970, sous l'impulsion d'économistes emmenés par Milton Friedman que l'on a appelés les « monétaristes ». L'idée de base exposée par Milton Friedmann est que l'inflation est toujours d'origine monétaire et qu'une création monétaire excessive se transforme toujours en inflation. Selon sa théorie, une augmentation de la masse monétaire n'affecte que les prix, pas la croissance. Il n'admet qu'en partie la théorie quantitative qui relie la quantité de monnaie (M), la vitesse de circulation de la monnaie (V), le niveau des prix (P) et le volume de production (Q), s'exprimant sous la forme de l'équation suivante : MV=PQ.
Un peu ésotérique tout cela, n'est-ce pas ? Nous allons tâcher d'être plus clairs, non que cette théorie mérite qu'on s'y arrête particulièrement, mais pour vous faire toucher du doigt combien les choses peuvent être considérées de façons différentes selon les théories, et combien la position des institutions européennes est dogmatique pour avoir l'audace d'affirmer les choses comme si une seule vérité s'imposait.
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