Il faut soutenir la croissance pour dynamiser l'emploiLà encore, la théorie est simple et semble s'imposer à l'évidence. La croissance, c'est de l'augmentation d'activité. Si on consomme plus, il faut plus de production, donc plus d'emplois qui créent du pouvoir d'achat, ce qui se traduit par plus de consommation... cela dynamise la production... qui recrute &... les salaires génèrent du pouvoir d'achat qui se transforme en grande partie en consommation ... etc. Cercle vertueux. A l'inverse de la croissance est la récession. Moins de consommation entraîne un ralentissement de la production. Les entreprises licencient. Même si les personnes mises à pied touchent des indemnités de chômage, la diminution du revenu et la peur du lendemain modifient leur comportement d'achat. On y regarde à deux fois, on fait attention. On consomme moins, ce qui a un effet négatif sur la production qui licencie à nouveau... et la consommation baisse... etc. Cercle vicieux!
La croissance : une potion dont la magie laisse à désirer
Avez-vous remarqué comme la « croissance » est au centre de toutes les discussions économico-politiques ? A en croire nos gourous, nous avons affaire là à « la potion magique d'Astérix » ! Nos druides ne vont plus à la cueillette de plantes miraculeuses pour décupler les forces musculaires, ils ont les yeux rivés sur le PIB et passent leur temps à prier pour qu'il augmente. Alors, la croissance est-elle la condition incontournable pour sauvegarder l'emploi ? Sur le papier, en apparence, mais qu'en est-il dans la réalité ?Nul doute que la croissance ou la récession ont un effet sur l'emploi. D'après les experts, il faut au moins 2 % de croissance pour maintenir l'emploi, plus de 3 % pour qu'il se développe, mais les choses ne sont pas aussi simples que la théorie veut le dire.
Depuis les 40 dernières années, nous n'avons connu que la croissance. Hors, inflation, elle a été en moyenne annuelle, en France, de :
" 5,7 % pour la décennie 1959 à 1969
• 3,7 % pour la décennie 1970 à 1979
• 2,3 % pour la décennie 1980 à 1989
• 1,8 % pour la décennie 1990 à 1999
" 1,9 % entre 2000 et 2005
Si l'on prend la période encore plus longue de 1946 à 2002, le PIB a été multiplié par 9,5 … Et l'emploi ? Dans le même temps, la population active occupée passait de 18,9 millions à 23,8, soit une augmentation de seulement 26 % et le chômage de 2 % à environ 10 %. On ne peut vraiment pas dire qu'il y ait proportionnalité. Comment une telle différence peut-elle s'expliquer ? Par l'augmentation de la productivité . L'amélioration constante de l'outil de travail avec, à partir des années 70, le développement et la généralisation de l'informatique dans tous les secteurs d'activité, a rendu possible des gains de productivité considérables. Ils ont, à peu de chose près, suivi le même rythme que la croissance, annihilant ainsi ses effets sur l'emploi. Eh oui, si les gains de productivité permettent de produire 110 unités à l'heure au lieu de 100, et que dans le même temps la demande passe de 100 à 110, l'augmentation de la consommation n'a aucun effet sur l'emploi. Que serait-il advenu si la productivité ne s'était pas améliorée ? Nous serions encore en situation de plein emploi, sans doute même en profonde pénurie d'emplois, mais il faut dire que la production, dans ces conditions, n'aurait pas du tout évolué de la même manière.
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