La mondialisation, une promesse de prospérité pour tous les peuples
GHANA: Dans ce pays, plus de 50 % de la population vit avec moins d'un euro par jour. Un tiers des habitants n'a pas accès à une eau saine et 70 % n'a pas accès aux services d'assainissement. Une étude récente menée par le Ghana based Integrated Social Development Center (ISODEC) dans cinq quartiers de la capitale, Accra, démontre que les ménages pauvres consacrent entre 18 et 25 % de leur revenu au seul paiement du service de l'eau. Dès lors, comment imaginer que, pour des raisons de rentabilité, l'eau devienne encore moins accessible ?Les premières « réformes » du secteur, et notamment la politique de « recouvrement des coûts » promue par la Banque mondiale, ont déjà entraîné le doublement des prix de l'eau en trois ans ! L'objectif clairement affiché est de privatiser la gestion du service, quitte à ignorer l'avis et nier l'intérêt des premiers concernés, à savoir les consommateurs et citoyens ghanéens.
Pourtant, les exemples des effets néfastes de la privatisation de l'eau sur les populations ne manquent dans le monde. Plusieurs multinationales ont déjà joué un rôle majeur dans ces privatisations : la française Suez-Lyonnaise des Eaux (en Argentine et aux Philippines), l'anglaise Biwater (en Afrique du Sud), la nord-américaine Bechtel (en Colombie). Le résultat est immuable : le prix de l'eau augmente et ceux qui ne peuvent plus payer ne bénéficient plus du service. Les Ghanéens savent donc ce qui les attend si le projet de privatisation aboutit.
Pour mieux se faire entendre, ils ont lancé une Coalition nationale contre la privatisation en 2001. Dans un document intitulé "Pourquoi la privatisation au Ghana doit être stoppée", ces citoyens reconnaissent que le secteur public de l'eau doit être réformé d'urgence. Mais ils estiment que tout changement doit d'abord avoir pour objectif de garantir pleinement le droit à l'eau potable . Or le projet proposé par la Banque mondiale est jugé insatisfaisant pour quatre raisons. Premièrement, il résulte d'une vision étroite de la « réforme », vue sous le seul angle de la libéralisation, et cela sans avoir étudié les autres modes de gestion envisageables. Deuxièmement, il est largement imposé par des intérêts extérieurs à travers un processus opaque et en l'absence de tout débat démocratique. Troisièmement, il représente un mauvais choix financier, car il alourdira la dette du pays (un prêt de 103 millions de dollars est prévu), et technique car il néglige le système d'assainissement. Enfin, les conditions tarifaires envisagées risquent de priver les pauvres de l'accès à une eau saine .
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